vendredi 2 septembre 2016

Historique abrégé du Champlain.

Nos amis du blog Lydia Moonta ont fait paraître un article sur le Champlain qui nous présente un historique abrégé du paquebot, à partir d'une archéologie de la conception des navires du premier quart du 20° siècle, dont le Moonta et le Normandie.

Avec leur aimable autorisation, nous le reproduisons in-extenso ci-après :



Le SS.CHAMPLAIN, contemporain du  LYDIA !


Tous les deux sont construits en 1931, mais par retard du versement des crédits-alloués par le gouvernement français, le CHAMPLAIN n'est achevé qu'en 1932. Le MOONTA (futur LYDIA) lui, a déjà franchi le canal de Suez pour rallier Port Adelaïde !




source et crédit-photo :© French lines


Mais... que de différences !

source et crédit-photo :non identifié, droits réservés

Le MOONTA, esthétiquement classique, est une évolution des navires de la Grande-guerre, mais sa motorisation diesel le fait présenter - à juste titre - comme un modèle d'innovation. Le chantier-naval Burmeister & Wain, de Copenghague (Danemark) avait déjà innové dès 1911 en lançant le SELANDIA. 

- 1 :  Caractéristiques du MOONTA :

Longueur : 91 m
Maître-bau : 13,40 m
Tonnage : 2693 tonnes
Passagers : 140  puis 280
vitesse : 13 nœuds


- 2 :  Caractéristiques du CHAMPLAIN :


Longueur : 195,38 m
Maître-bau : 24,99  m
Tonnage : 28124 tonnes
Passagers : 1050
Équipage : 559
vitesse : 19/20 nœuds


Type de moteur : 2 groupes de turbines-vapeur Parsons à engrenages simple réduction, alimentées par 6 chaudières Penhoët à tubes d'eau, timbrées à 28 kg.
Puissance du moteur (en chevaux) : 25000

A l'opposé, le CHAMPLAIN, lui, préfigure les lignes ultra-modernes de NORMANDIE, qui d'ailleurs, reprendra quelques innovations comme par exemple l'encorbellement de la poupe, le pont-promenade-couvert, le mât avant au dessus de la timonerie pour ne pas avoir d'angle mort à la vue, etc :


















source et crédit-photo :© French lines

source et crédit-photo :© French lines

et même aujourd'hui encore, sur QUEEN MARY 2, y compris les pares-vents latéraux !

source et crédit-photo : Niavlys


Symbiose :


Normandie vu du Champlain :



source et crédit-photo :© French lines


source et crédit-photo :© French lines


et Champlain vu du Normandie :









source et crédit-photo :© French lines












Un intérieur dernier-cri,  art-déco avant que ne sonne l'heure de gloire en la matière, avec NORMANDIE : 











Source, crédits-photos : MVD Editions



Source, crédits-photos © French lines
Station radio la plus moderne de son époque :

source et crédit-photo : F. Delboca

Standard téléphonique :



Source, crédits-photos : MVD Editions



Sondeur électrique (indique la profondeur toutes les 3 minutes :

Source, crédits-photos : MVD Editions

Tableau de manœuvre des machines :













Source, crédits-photos : MVD Editions


Sa carrière civile : 

Affecté à la prestigieuse ligne transatlantique-nord, Le Havre/New-York/Le Havre, le CHAMPLAIN est de la série des "cruisers-liners", ou encore "cabins-ships" (DE  GRASSE, LAFAYETTE), des paquebots conçus pour faire face à la crise économique : de taille moyenne (200 m. tout-de-même), embarque 1053 passagers répartis en 2 classes (la touriste - ex 1° et 2° -  et la maintenue avec un confort assez spartiate)  485 membres d'équipage. Vitesse (relativement) modérée par souci d'économie, 19 à 20 nœuds. Néanmoins, en 1932, il fera la traversée New York-Europe en 6j 16h et 20', record pour l'époque, dans la série des "cabins-ships" .



Carrière dramatiquement courte, 8 ans, un peu plus que NORMANDIE...


source et crédit-photo :© French lines


22 Juillet 1933 : C'est le CHAMPLAIN qui inaugure la toute nouvelle et révolutionnaire gare maritime du
Verdon en avant-port de Bordeaux à plus de 100 kms. de l'embouchure de la Garonne. Une halte de quelques heures en provenance des Etats-Unis, achevée par une mini-croisière pour rejoindre le Havre. Ce chef-d'ouvre, appelé à un brillant avenir, sera détruit par l'armée allemande en retraite.


Le navire est régulièrement affrété pour les croisières proposées par la "Transat", à destination des Caraïbes.



Seconde guerre mondiale : 

 Dès le début des hostilités, en 1939, le CHAMPLAIN est réquisitionné avec 7 autres grands paquebots pour transporter 30.000 recrues en Afrique du Nord. Il reçoit donc, avec le QUEEN MARY, la traditionnelle livrée grise. L'émouvante photo ci-dessous le montre avant son ultime départ de New-York, en compagnie (de l'autre coté du pier de la French-Line) de... NORMANDIE qui lui, y restera jusqu'à son tragique incendie :

source et crédit-photo : Великие Океанские Лайнеры/The Great Ocean Liners

Triste privilège : le CHAMPLAIN est le premier paquebot français coulé au début de la seconde guerre mondiale : 

Le 12 juin 1940, il arrive à Saint-Nazaire, en provenance de New-York avec dans ses cales, 3000 tonnes de lingots de cuivre, des machines-outils et pièces détachées pour 30 avions de chasse Curtiss. Il est bombardé (sans dommages) par la Luftwaffe. Par crainte qu'il n'obstrue l'écluse, il quitte Saint-Nazaire le 17 juin 1940 et appareille pour se réfugier à La Pallice, mais il heurte une mine larguée dans la nuit par l'aviation allemande dans le Pertuis d'Antioche. Il coule en 7 minutes et s'échoue sur un haut-fond (12 morts, 270 survivants) avec 50° de gite. Quelques jours plus tard, l'U Boot-65 l’achève sans gloire en le torpillant.


source et crédit-photo : F. Delboca


source et crédit-photo : F. Delboca

Hier...


 aujourd'hui





Avant que le pont de l'ile de Ré ne soit construit, les passagers du bac pouvaient le voir jusqu'en 1964, année où il fut ferraillé :





https://www.youtube.com/watch?v=5yLMYlXcj1k


Xavier Cuvelier-Roy




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